Helena Bogaerts, 25 ans, travaille en tant que Project Engineer chez Cegelec, au sein de la division Fire Solutions. Elle conçoit et calcule des systèmes de sprinklers et élabore principalement des modèles 3D de conduites de sprinklers. En collaboration avec le chef de projet, elle assure le suivi des projets, est en contact avec le client et se rend sur le chantier pour vérifier la mise en œuvre des plans.


Helena : J’aime travailler sur les aspects techniques au bureau, tout en restant en phase avec ce qui se passe sur le chantier. Pour moi, la valeur ajoutée réside justement dans cette interaction. Je ne veux pas seulement dessiner ou calculer un système, mais aussi comprendre à quoi il ressemble dans la pratique et comment il est effectivement mis en œuvre. Lors de la réunion de chantier, je vois comment tout s’articule sur le terrain. Nous recevons parfois des plans de bureaux d’études qui semblent logiques sur le papier, mais qui ne sont pas vraiment réalisables sur le chantier. C’est précisément là que cela devient intéressant : réfléchir avec les techniciens à la manière de faire les choses plus efficacement ou plus intelligemment. C’est exactement cette combinaison que je recherchais : pas tous les jours sur le chantier, mais pas non plus uniquement derrière un écran. Ainsi, mon travail reste varié, concret et techniquement stimulant.

Helena : Dans un bureau d’études, on s’occupe avant tout de calculs et de ce qui est techniquement correct sur le papier. C’est bien sûr important, mais je sais désormais à quel point la différence peut être grande entre une bonne conception en théorie et une bonne conception dans l’exécution. Comme je suis désormais plus proche de la pratique, j’ai une vision beaucoup plus large d’un projet qu’auparavant. Je me pose aujourd’hui d’autres questions. Pas seulement : « Est-ce techniquement correct ? », mais aussi :
« Comment cela va-t-il être construit concrètement ? », « Où des problèmes peuvent-ils survenir ? »,
« Comment élaborer une conception de manière à ce qu’elle fonctionne réellement pour les personnes qui doivent s’en servir ? ». Cela rend ma vision beaucoup plus complète.
Helena : Mes parents sont tous deux ingénieurs et m’ont fait comprendre qu’un tel dîplome ouvrait de nombreuses portes. À 18 ans, on ne sait souvent pas encore exactement ce que l’on veut faire plus tard, et c’est précisément pour cette raison que cette base polyvalente m’a séduite. Ma maman travaille elle aussi comme Project Engineer dans la construction, je n’ai donc jamais considéré ce secteur comme inaccessible. Ses récits m’ont toutefois rapidement fait prendre conscience à quel point le secteur avait évolué. Quand elle est arrivée sur un chantier à ses débuts, cela suscitait davantage d’étonnement et on accordait moins spontanément du crédit à ce qu’elle disait. Si je compare cela à ce que je vis moi-même aujourd’hui, je suis surtout heureuse que cette évolution ait eu lieu. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore fait l’expérience d’être traitée différemment en tant que femme dans le secteur de la construction. Ce qui, selon moi, reste important, c’est que l’on apprécie les différentes façons de travailler. On met encore souvent beaucoup l’accent sur la capacité à s’affirmer et à donner une impression de force, alors qu’il devrait y avoir davantage de place pour les personnes qui restent calmes, apportent de la clarté et savent écouter. Ce sont justement ces différentes perspectives qui mènent souvent aux meilleures solutions. Mon conseil aux filles et aux jeunes femmes est donc simple : si une filière technique vous intéresse, ne vous laissez pas décourager. Suivez votre passion et ayez confiance en vous.
