Monique De Knikker, 60 ans, travaille comme Project Manager en détection incendie chez Cegelec. Dans le cadre de ses projets, elle veille à ce que les installations de détection incendie répondent aux exigences, respectent le budget prévu, soient réalisées dans les délais et conformément aux règles en vigueur.



Monique : J’ai arrêté l’école à 15 ans. Peu après, avec un ami, j’ai proposé spontanément d’installer l’électricité chez des amis qui rénovaient leur maison. Cette expérience a marqué un tournant. Ce qui n’était au départ qu’un instinct m’a fait comprendre à quel point j’aimais ce travail et à quel point il était varié. C’est précisément pour cela que j’ai délibérément choisi de suivre un apprentissage. Je combinais cours et travail : un jour par semaine à l’école et le reste du temps comme électricienne sur chantier ou dans des ateliers pratiques. Ce parcours m’a permis d’obtenir plusieurs certificats en installations à courant fort et d’acquérir une solide expertise technique. Après près de vingt ans d’expérience en électrotechnique, je me suis spécialisée dans la protection incendie. Aujourd’hui, je tire une grande satisfaction de la combinaison entre la technique, l’exécution et les responsabilités. Je supervise le budget et le planning, mais j’aime aussi être présente sur chantier pour suivre les projets de près. Cette diversité rend mon travail passionnant et me confirme chaque jour que mon métier me plaît beaucoup. Je ne vois pas pourquoi les femmes ne pourraient pas exercer ce type de fonction.
Monique : Il est certainement possible d’en faire plus pour rendre les métiers techniques plus inclusifs, surtout en y prêtant attention dès le plus jeune âge. Plus tôt on initie les enfants à la technique, plus il leur semble naturel d’envisager cette voie, indépendamment du genre. J’ai moi-même constaté qu’il était possible de faire autrement. J’ai notamment travaillé sur un projet avec un client espagnol pour la construction d’une usine de bioéthanol-diesel dans la zone portuaire de Botlek, à Rotterdam. Ce client avait amené une grande partie de sa propre équipe sur le chantier, et j’ai remarqué qu’elle se composait environ à moitié de femmes. Elles ont d’ailleurs été surprises de constater qu’il y avait beaucoup moins de femmes sur les chantiers néerlandais, car cela ne correspondait pas du tout à ce à quoi elles étaient habituées. Force est de constater que cet équilibre est possible dans un pays souvent associé à une culture machiste. Cela montre que l’inclusion ne doit pas être une exception, mais le résultat de choix délibérés.
Monique : Continuez à croire en vous, même si vous manquez parfois d’assurance ou si d’autres personnes doutent de vous. Ce qui m’a aidée, c’est de rester concentrée sur mon travail et sur les raisons pour lesquelles j’aime tant ce que je fais. Il n’est pas nécessaire de devoir constamment faire ses preuves en parlant fort ou en devenant quelqu’un d’autre. En restant professionnelle, en utilisant vos connaissances et en prenant vos responsabilités, vous gagnerez naturellement le respect de vos collègues. Il est normal d’avoir des doutes, mais ne les laissez pas vous ralentir. Si la technique vous intéresse, vous y avez votre place. Suivez votre passion, restez fidèle à vous-même et ayez confiance en vos capacités, qui sont peut-être plus grandes que vous ne le pensez.
