Actemium développe une trajectoire de stage pour les réfugiés

Peut-on apprendre notre langue aux primo-arrivants qui ne la parlent pas et les former pour qu’ils puissent se recycler dans notre secteur ? « Il faut le voir pour le croire. » Voilà ce que s’est dit Dirk Wuyts d’Actemium lorsqu’il a découvert, il y a deux ans, notre projet WELT mis sur pied avec l’organisation sociale Steunpunt Tewerkstelling (STW). Depuis lors, STW est devenu un partenaire fixe d’Actemium, la marque de VINCI Energies active en électricité et instrumentation, TIC, automatisation, mécanique et tuyauterie pour processus industriels. En sa qualité de directeur de production, Dirk Wuyts observe une grande pénurie d’électriciens qualifiés et est constamment à la recherche de nouveaux talents.

« Où que j’aille, je tente de repérer les personnes douées en électrotechnique. Nous sommes ainsi très présents dans les écoles afin d’accroître notre notoriété et de donner envie aux étudiants de venir travailler chez nous après leur diplôme. Nous suivons aussi de très près les canaux de recrutement traditionnels », nous relate Dirk Wuyts (Operations Support Manager) par rapport à son expérience de la guerre des talents qui règne sur le marché de l’emploi. C’est pourquoi il a participé en 2017 à la trajectoire WELT de la Chambre, qui aide les entreprises à adapter leur politique de RH pour garantir de l’emploi durable et orienté vers l’avenir.

« Le projet WELT a été incroyablement intéressant et m’a ouvert de nombreuses perspectives d’un point de vue pratique. Un représentant de l’organisation Steunpunt Tewerkstelling (STW) a animé une séance sur le recrutement de personnes allophones, principalement des réfugiés. Cela m’a rendu sceptique. Je me suis dit que c’était impossible et qu’on ne m’aurait pas avec de tels boniments. » Pour le convaincre du contraire, STW a invité Dirk Wuyts à visiter le centre de formation. Cela a complètement modifié son jugement.

STW forme notamment des réfugiés statutaires pour les accompagner sur le marché de l’emploi. Les personnes qui entament une formation chez STW sont plongées dans un bain linguistique et formées dans un métier technique. Certains participants ont déjà de l’expérience et reçoivent une formation complémentaire aux nouvelles techniques et aux règles de sécurité. « J’ai directement remarqué que ces hommes travaillaient avec plaisir et qu’ils avaient développé de solides connaissances. Je n’ai pas hésité longtemps à proposer à trois d’entre eux un stage chez Actemium », affirme Dirk Wuyts.

SURMONTER DES OBSTACLES

Dirk Wuyts n’a pas été le seul à avoir besoin de persuasion avant d’embaucher des stagiaires allophones. Dans un premier temps, les équipes qui devaient accueillir ces stagiaires ont également réagi avec scepticisme. « Au préalable, tout le monde appréhendait la perte de temps et les difficultés que cela impliquerait. Mais après une semaine, ils n’auraient plus pu se passer de leurs stagiaires pour rien au monde. C’était fantastique de voir à quelle vitesse ces jeunes hommes ont été intégrés à l’équipe. »

L’adhésion est désormais totale au sein de l’entreprise, dont le Fonds VINCI soutient des organisations sociales œuvrant pour un marché de l’emploi durable. STW a également pu compter sur l’aide financière du Fonds VINCI pour développer son atelier et acquérir du nouveau matériel de formation. La direction joue aussi un rôle crucial pour favoriser l’apprentissage inclusif sur le lieu de travail chez Actemium. Dirk Wuyts : « L’un de nos clients refusait pertinemment l’accès de son site à un stagiaire parce que leurs normes de sécurité ne le permettaient pas. Notre directeur de l’époque a plaidé l’affaire au siège de Paris, après quoi le client est revenu sur sa décision. Aujourd’hui, cela ne pose plus de problème à personne et tous nos stagiaires sont les bienvenus. Ils sont des ouvriers comme les autres. »

KUNGA, DU TIBET

STW constitue actuellement un canal de recrutement majeur pour Actemium. « Trois apprenants viendront bientôt en stage d’observation pour découvrir l’électrotechnique dans un cadre industriel », explique Dirk Wuyts. « Ils compléteront ensuite leur formation chez STW. Nous avons déjà proposé un contrat fixe à six stagiaires et nous souhaitons poursuivre sur cette voie. Nous réfléchissons également à un moyen d’organiser un coaching linguistique sur le lieu de travail, afin que les primo-arrivants puissent continuer d’apprendre notre langue. »

La collaboration avec STW est une réussite pour Dirk Wuyts. « Les jeunes hommes qui travaillent chez nous sont incroyablement enthousiastes et reconnaissants. Nous les voyons s’épanouir et devenir des adultes, ce qui est très important pour nous. Notre premier stagiaire, Kunga, est originaire du Tibet. Il travaille chez nous depuis deux ans et accompagne à présent lui-même les gens en néerlandais. C’est formidable ! », conclut-il.

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